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Sébastien Jean, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, répondra à vos questions sur les possibles conséquences de ces mesures à l’échelle mondiale, européenne ou nationale et pour les Etats-Unis.
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D’après une note diffusée par le représentant au commerce américain, ce taux est simplement calculé à partir des données de commerce bilatérales entre les Etats-Unis et le partenaire : c’est le solde commercial en proportion des importations, divisé par 2. Pour l’Union européenne, par exemple (données du Census US, en milliards de dollars) : 235/605 × ½ = 19.4 %
Sébastien Jean
La référence historique d’augmentation subite des droits de douane est la loi Smoot-Hawley de juin 1930. Elle est célèbre parce qu’elle a été à l’origine d’un désordre commercial assez généralisé dans les années 1930, même si son impact réel est surévalué – la crise des années trente était avant tout une crise financière et bancaire. Mais en l’occurrence, c’était une poussée de protectionnisme beaucoup moins forte qu’aujourd’hui, pour deux raisons : d’une part, l’économie américaine était moins ouverte, d’autre part le niveau moyen des droits de douane appliqués est plus élevé aujourd’hui (en 1930, ils ne s’appliquaient qu’à moins de la moitié des importations, si bien que le niveau moyen était de l’ordre de 20 %).
Sébastien Jean
Bonjour,
Donald Trump a visiblement une foi presque sans limite dans les vertus des droits de douane, si l’on en juge par leur utilisation aussi bien pour lutter contre l’immigration illégale que contre l’afflux de fentanyl et les déficits commerciaux. En l’occurrence, l’objectif de réindustrialisation semble prioritaire, mais celui de collecter des recettes fiscales est important aussi.
Les réactions des pays partenaires seront certainement très variées. Un certain nombre ne répondront sans doute pas, de peur d’entretenir une escalade ou parce qu’ils se sentent trop faibles pour exercer une pression sur les Etats-Unis. Mais les plus importants réagiront par des représailles (comme l’a déjà fait le Canada, et comme l’a annoncé le Mexique). Ce sera notamment le cas de l’Union européenne et de la Chine, les deux l’ont annoncé.
Et comme Donald Trump a, de son côté, annoncé qu’il prendrait des mesures de représailles contre les représailles, ce n’est que le début !
Sébastien Jean
« Cette décision est une catastrophe pour le monde de l’économie. C’est une immense difficulté pour l’Europe. Je crois que c’est aussi une catastrophe pour les États-Unis et pour les citoyens américains », a déclaré le premier ministre français François Bayrou en marge d’un colloque au Sénat.
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« C’est un choc. Notre tissu économique va être attaqué. C’est une guerre commerciale qui s’annonce », a déclaré Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) sur BFM-TV. « Si on prend par exemple la cosmétique, on a beaucoup de petites entreprises qui n’auront pas les moyens de se délocaliser, ou de diversifier leur chaîne de production pour faire [fabriquer] une partie [de leurs produits] aux Etats-Unis, donc elles vont être fortement impactées. Aujourd’hui, il y a une vraie crainte d’un tissu économique de PME qui disparaissent demain », selon lui. « On a vraiment besoin d’avoir la nation derrière nos entreprises, sentir que nos politiques sont derrière notre économie », souligne-t-il. Toujours selon lui, « cette guerre commerciale va être perdant-perdant pour tout le monde : perdante pour le consommateur américain, pour le consommateur européen, pour les entreprises américaines et les entreprises européennes ».
Dans un communiqué, l’organisation « appelle l’Union européenne à rester unie et à prendre les mesures qui s’imposent en termes de réciprocité d’accès au marché européen avec des réponses ciblées sur certains produits ou services américains. Et ce, pour permettre l’ouverture de négociations plus équilibrées. Il conviendra dans le même temps de prévoir des mesures d’accompagnement pour les entreprises françaises les plus fragiles, notamment les PME, qui pourraient être victimes de cette escalade ».
« Enfermé dans sa bulle cognitive, Trump poursuit une vision paranoïaque, erronée et indigente de l’économie », estime Stéphane Lauer, éditorialiste au Monde. « Son obsession sur les droits de douane s’est construite sur la croyance que les Etats-Unis, première puissance mondiale, sont abusés par un système international dont ils sont pourtant l’architecte. Il prétend que l’Union européenne aurait été créée pour “foutre en l’air” son pays, alors que les Américains ont encouragé sa construction pour s’assurer des débouchés et endiguer le communisme. »
Pour lire la suite de sa chronique, parue le 10 mars, cliquez ci-dessous :
A 10 heures, l’économiste Sébastien Jean, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, répondra à vos questions sur les possibles conséquences de ces mesures à l’échelle mondiale, européenne ou nationale et pour les Etats-Unis.
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« Ces droits de douane ne sont pas inattendus, mais soyons clairs : ils sont totalement injustifiés », a déclaré le premier ministre australien, Anthony Albanese, déplorant un « geste qui n’est pas celui d’un ami » et craignant une détérioration des relations entre les deux pays. « Je ne suis pas certain que l’île Norfolk [2 000 habitants] soit un concurrent commercial du géant économique que sont les États-Unis », a-t-il ajouté, soulignant que cette exception américaine « illustre le fait que nulle part sur Terre on n’est à l’abri de ce problème ».
« Je ne sais pas exactement quelles sont les principales exportations de l’île Norfolk vers les États-Unis et pourquoi elle a été montrée du doigt, mais c’est le cas », a ajouté le premier ministre australien, perplexe quant au fait que l’île ne soit pas soumise aux mêmes droits de douane que le reste du pays. Elle se voit infliger des droits de douane de 29 %, contre 10 % pour l’Australie.
« La dernière fois que j’ai regardé, l’île Norfolk faisait partie de l’Australie », a-t-il ironisé ensuite à la radio publique ABC, qualifiant cette décision de « quelque peu inattendue et un peu étrange ». La chambre de commerce de l’île précise qu’elle s’est classée au 223e rang mondial des exportateurs en 2019, expédiant des marchandises d’une valeur de 2,7 millions de dollars australiens (1,7 million de dollars américains), notamment de la farine de soja.
L’administration Trump a aussi imposé des droits de douane de 10 % sur les importations en provenance des îles Heard-et-MacDonald. Ce territoire extérieur de l’Australie, situé dans le sud de l’océan Indien, inhabité, couvert de glaciers et abritant des manchots. Elles sont listées séparément dans la liste des taxes douanières visant l’Australie.
Donald Trump a également imposé des droits de douane sur l’atoll de Diego Garcia, dans l’océan Indien, territoire britannique d’outre-mer qui accueille une base militaire américaine que le Royaume-Uni lui loue.
Les places financières d’Asie ont subi jeudi un choc brutal après l’annonce de nouvelles mesures protectionnistes par Donald Trump. Les Bourses ont reculé, le dollar et le pétrole ont chuté, tandis que l’or atteignait un niveau record.
Cette offensive commerciale américaine inquiète particulièrement les économies de la région, fortement tributaires de leurs exportations et désormais menacées par ce tournant protectionniste.
La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint un recul d’environ 800 millions d’euros d’exportations pour les entreprises de l’Hexagone avec les droits de douane de 20 % imposés aux marchandises de l’Union européenn (UE) par l’administration Trump, selon un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi.
La FEVS juge tout de même que la décision américaine « entraînera des conséquences extrêmement lourdes sur le secteur des vins et spiritueux français et européens », et « aura également un impact extrêmement négatif sur les importateurs, grossistes et détaillants américains ».
En France, « on peut craindre un recul des exportations d’environ 800 millions d’euros, ce chiffre passant à 1,6 milliard pour l’UE-27. Un tel recul aura un impact énorme sur l’emploi et l’économie du secteur », déplore la FEVS. Elle souligne « l’importance de conserver un dialogue bilatéral ouvert et constructif autour d’un agenda positif sur les sujets de commerce transatlantique », « favorisant l’accès équitable et réciproque aux vins et spiritueux par l’élimination des droits de douane des deux côtés de l’Atlantique ».
De son côté, la Confédération nationale des appellations d’origine contrôlées (CNAOC) estime à « plusieurs centaines millions d’euros pour la filière » l’impact des nouvelles taxes douanières américaines, rappelant que le marché américain représente près de 25 % des produits viticoles exportés sous indications géographiques (AOC et IGP).
Pour les eaux-de-vie (Cognac et Armagnac), « c’est une catastrophe d’une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grande difficulté notre filière, avec un risque de cessations d’activité en chaîne, en Charentes notamment », insiste Anthony Brun, vice-président de la CNAOC et président de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac, cité dans le communiqué.
« La France répond avec l’Europe », a déclaré Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement sur RTL, jeudi. « Nous allons continuer d’essayer de négocier avec les Etats-Unis car nous ne sommes pas à l’origine de cette attaque commerciale. » Selon elle, il y a discussion puis riposte, Donald Trump ne comprenant que les rapports de force.
« Une première riposte sera efficiente à la mi-avril, qui va correspondre à sa première attaque sur l’aluminium et l’acier, et un deuxième jeu de riposte sera prêt à la fin du mois d’avril, sur l’ensemble des produits et services, avec de nouveaux outils, a-t-elle expliqué. Le mécanisme et les produits qui seront considérés ne sont pas encore décidés, c’est une discussion entre membres des pays de l’Union européenne. (…) Mais les services numériques qui ne sont pas taxés pourraient l’être. »
Donald Trump a dévoilé mercredi de nouveaux droits de douane, dits « réciproques », d’au moins 10 % sur toutes les importations aux Etats-Unis, au risque de provoquer une hausse des prix et d’engager une guerre commerciale mondiale. Le New York Times et le Guardian, qui se sont interrogés sur les calculs de la Maison Blanche pour imposer ces nouveaux droits de douane, citent le journaliste financier James Surowiecki.
Il prétend avoir découvert la réponse, qu’il a publiée sur X. « Ils n’ont pas réellement calculé les taux de droits de douane plus les barrières non tarifaires, comme ils disent l’avoir fait. Au lieu de cela, pour chaque pays, ils ont simplement pris notre déficit commercial avec ce pays et l’ont divisé par les exportations de ce pays vers nous », résume-t-il. Plus loin, il explique : « [L’administration] a divisé notre déficit commercial avec un pays par nos importations en provenance de ce pays, puis multiplié par 0,5 », parce que Donald Trump se montre « indulgent ».
Le secrétaire de presse adjoint de la Maison Blanche a répondu que la formule de James Surowiecki était fausse. La Maison Blanche a, par la suite, précisé sa méthodologie dans une publication sur le site du bureau du représentant américain au commerce : bien qu’elle utilise des symboles mathématiques difficiles à comprendre pour le profane, elle confirme que sa formule repose essentiellement sur le déficit commercial des Etats-Unis avec un pays étranger, divisé par les exportations de ce pays.
Emmanuel Macron va réunir à l’Elysée, jeudi à 16 heures, « les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis », a fait savoir tôt ce matin la présidence de la République.
Taïwan a qualifié jeudi de « totalement déraisonnable » la décision du président américain, Donald Trump, d’imposer de nouveaux lourds droits de douane au niveau mondial, disant vouloir mener de « sérieuses négociations » avec Washington.
Les produits taïwanais importés aux Etats-Unis seront désormais taxés à 32 %. Taipei considère que cette décision est « totalement déraisonnable (…) et va engager de sérieuses négociations » avec Washington, a rapporté Michelle Lee, une porte-parole de l’exécutif de l’archipel.
Les voitures importées aux Etats-Unis se voient, depuis jeudi matin, imposer 25 % de droits de douane supplémentaires, selon la décision du président Trump. Un coup dur pour l’industrie mondiale, alors que des droits de douane de même ampleur sur les pièces détachées doivent aussi progressivement entrer en vigueur.
Les droits de douane américains sont un « coup majeur » porté à l’économie mondiale, a estimé, jeudi matin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, alors que l’Union européenne est visée par une surtaxe de 20 %.
Regrettant « profondément » cette décision, elle a affirmé que les Européens étaient « prêts à réagir » et travaillaient déjà à « un nouveau paquet de contre-mesures » au cas où les négociations avec l’administration américaine, ardemment souhaitées par l’Union européenne, devaient échouer.
« J’ai fait savoir que les mesures tarifaires unilatérales prises par les Etats-Unis étaient extrêmement regrettables et j’ai de nouveau vivement exhorté Washington à ne pas les appliquer au Japon », a déclaré le ministre du commerce et de l’industrie japonais, Yoji Muto, ajoutant s’être entretenu avec son homologue américain, le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, avant les annonces du président Trump.
Pour Tokyo, visé par une taxe de 24 %, l’offensive douanière américaine pourrait contrevenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et aux accords bilatéraux.
La Maison Blanche a fait savoir, mercredi dans la soirée, que certaines catégories n’étaient pas concernées par la vague de surtaxation douanière : lingots d’or, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs, cuivre, bois de construction, produits énergétiques, ou encore minéraux introuvables sur le sol américain.
L’acier, l’aluminium et les voitures non plus, mais ils sont visés par d’autres surtaxes.
La Chine a déclaré, jeudi, « s’opposer fermement » aux nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, particulièrement lourds pour ses produits, en promettant de riposter.
Les droits de douane américains « ne respectent pas les règles commerciales internationales et portent gravement atteinte aux droits et intérêts des parties concernées », a dénoncé le ministère du commerce chinois dans un communiqué.
« La Chine exhorte les Etats-Unis à annuler immédiatement les droits de douane unilatéraux et à résoudre de manière appropriée les différends avec ses partenaires commerciaux par le biais d’un dialogue équitable », déclare le ministère, estimant que les mesures américaines « mettent en péril le développement économique mondial ».
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