« Il y a toujours un chemin de discussion et de négociation » avec les Etats-Unis, a estimé jeudi Laurent Saint-Martin, alors que l’Europe temporise sur sa riposte.

Laurent Saint-Martin quitte le palais de l’Elysée, le 11 décembre 2024. - SARAH MEYSSONNIER / REUTERS
Laurent Saint-Martin quitte le palais de l’Elysée, le 11 décembre 2024. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

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Marine Le Pen prône un « protectionnisme intelligent »

Marine Le Pen a dénoncé, jeudi soir sur X, les annonces « brutales et au bénéfice des seuls Etats-Unis » du président Donald Trump, « alors que nous aurions pu construire de nouvelles règles pour le commerce international sans le déni des mondialistes forcenés ».

« Donald Trump a décidé d’appliquer le programme pour lequel il a été élu », ajoute-t-elle.

« Il est temps que la France fasse appliquer par l’Europe un protectionnisme intelligent mais aussi des règles plus équitables pour notre économie au sein du marché commun au risque d’un appauvrissement considérable », a exhorté la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale.

Lors des élections européennes et législatives en 2024 en France, le RN avait fait du « patriotisme économique » un élément central de son programme. Lors de l’investiture du président républicain conservateur en janvier, le maire de Perpignan, Louis Aliot, qui conduisait à Washington une délégation du RN, avait relevé « les mêmes thématiques » dans les campagnes trumpistes et lepénistes, comme « une certaine forme de protectionnisme contre la mondialisation anarchique ».

Le FMI voit « un risque important » pour l’économie mondiale

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, s’est alarmée, jeudi, des nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump sur les importations des Etats-Unis.

« Il est important d’éviter des gestes qui pourraient heurter encore davantage l’économie mondiale », a-t-elle déclaré dans un communiqué, alors que les partenaires commerciaux de Washington envisagent de prendre des mesures de représailles contre les surtaxes douanières annoncées.

« Nous sommes encore en train d’évaluer les implications macroéconomiques des mesures tarifaires annoncées, mais elles constituent manifestement un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle », a fait savoir Mme Georgieva.

« Nous en appelons aux Etats-Unis et à leurs partenaires commerciaux pour qu’ils travaillent de façon constructive afin de résoudre les tensions commerciales et réduisent les incertitudes », a-t-elle ajouté.

Le représentant économique russe se déclare favorable aux nouveaux droits de douane

L’émissaire économique spécial de Moscou, Kirill Dmitriev, en visite à Washington où il a rencontré des représentants de l’administration Trump, a jugé favorablement les droits de douane annoncés par le président américain, estimant qu’ils « créent un précédent pour une croissance autonome et la création d’emplois durables » aux Etats-Unis.

La Russie fait partie des rares exceptions de la longue liste de pays frappés par les droits de douane imposés par Donald Trump. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, l’a justifié jeudi matin en invoquant les sanctions américaines qui « empêchent déjà tout commerce significatif » avec Moscou. Mais les Etats-Unis commercent toujours davantage avec la Russie – les échanges étaient de l’ordre de 3,5 milliards de dollars entre les deux pays en 2024 – qu’avec des pays comme l’île Maurice ou Brunei qui, eux, figurent sur la liste des tarifs douaniers de M. Trump.

Des centaines de milliers d’emplois menacés en France, selon le président du Medef

Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé jeudi que « des centaines de milliers d’emplois » étaient menacés en France par les mesures douanières de Donald Trump.

Avec la hausse massive des droits de douane annoncée mercredi, « on parle de 1,5 % du PIB, de centaines de milliers d’emplois menacés, de la désarticulation de chaînes entières dans l’industrie aéronautique ou automobile. Ces mesures, si elles sont mises en œuvre, seront extrêmement perturbantes pour la France et l’Europe et exigeront des réactions fortes », a-t-il estimé sur LCI, après avoir participé à une réunion à l’Elysée en présence du président Emmanuel Macron, de plusieurs ministres et de représentants des filières les plus concernées.

« Il faut être à la fois très ferme et très pragmatique, dissuader autant que possible l’administration Trump, les faire réfléchir », en espérant que « nos meilleurs alliés soient les Américains eux-mêmes », effrayés par la baisse des marchés ou l’inflation que ces mesures pourraient engendrer, a déclaré le président du Medef.

M. Martin a estimé que les pertes d’emplois en France risquaient d’être « sectoriellement et géographiquement très concentrées », citant « 70 000 emplois » à risque dans la région de Cognac.

Wall Street en berne, plus forte baisse pour le S&P 500 depuis 2020

La Bourse de New York a clôturé en forte baisse, jeudi, au lendemain des annonces de Donald Trump. Le Dow Jones accuse un recul de 3,98 %, l’indice Nasdaq a plongé de 5,97 % et l’indice élargi S&P 500 a perdu 4,84 %, sa plus forte baisse depuis juin 2020.

Sur Le Monde aujourd’hui

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La Fédération française des entreprises de la beauté prône une réponse européenne « calme et proportionnée »

La Fédération française des entreprises de la beauté (FEBEA) a jugé jeudi « essentiel de ne pas répondre » à la hausse des droits de douane américains « par une logique de surenchère ».

La FEBEA appelle à « construire une réponse européenne unie, calme et proportionnée », et plaide pour un renforcement de la compétitivité du secteur sur son premier débouché, qui reste le marché européen (10 milliards d’euros, soit 40 % des exportations en 2024).

« Avec près de 3 milliards d’euros de produits exportés en 2024 – dont la moitié en parfumerie –, les Etats-Unis représentent à eux seuls 13 % des exportations du secteur », souligne-t-elle dans un communiqué. « La guerre commerciale (…) pénalise les consommateurs américains, confrontés à une offre réduite ou des prix plus élevés », et fragilise « les entreprises européennes par une baisse de leur compétitivité ou de leurs marges », explique-t-elle.

Le point sur la situation, jeudi 3 avril, en fin de journée

  • Emmanuel Macron a réuni jeudi à l’Elysée « les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis », en présence du premier ministre et de plusieurs ministres. Le chef de l’Etat français y a prononcé un discours dans lequel il a dénoncé une « décision brutale et infondée » de Donald Trump, appelant notamment à suspendre les investissements aux Etats-Unis en attendant une clarification.
  • Aéronautique, luxe, produits pharmaceutiques, vins et cognac : la France exporte plus de 47 milliards d’euros de biens vers les Etats-Unis, qui seront taxés à 20 %. Les Etats-Unis sont le quatrième marché à l’export de la France, derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, selon les douanes françaises. La France importe davantage de biens qu’elle n’en exporte aux Etats-Unis (52,7 milliards d’euros en 2024), et dépend moins des exportations américaines que d’autres pays européens, comme l’Allemagne (3,8 % de son PIB, contre 1,6 % pour la France).
  • Fidèle à sa ligne de conduite, M. Trump a écrit sur Truth Social que les Etats-Unis ressortiraient « plus forts » de la situation engendrée par son annonce, la veille, de droits de douane massifs à travers le monde. Il a même prédit jeudi un bond des marchés financiers, en berne depuis ses annonces. La porte-parole de la Maison Blanche avait intimé dans la matinée de « faire confiance au président Trump », estimant aussi que « si ces pays voulaient négocier, ils avaient soixante-dix ans pour le faire ». Le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, a, de son côté, affirmé que M. Trump « ne reculera[it] pas ».
  • Des pays touchés par les annonces de M. Trump ont réagi jeudi. Le Brésil, notamment, a fait savoir que « toutes les mesures appropriées » seraient prises pour « défendre les entreprises et les travailleurs » du pays sud-américain, visé par l’imposition de 10 % de droits de douane par les Etats-Unis. La Suisse a, elle, décidé de ne pas imposer de droits de douane en représailles, préférant dialoguer avec Washington.
  • Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la mise en place à son tour d’un droit de douane de 25 % sur les véhicules importés des Etats-Unis, qui n’entrent pas dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (Aceum). Si le Canada ne fait pas partie des pays visés par des droits de douane réciproques, il est sous le coup de surtaxes supplémentaires, notamment sur l’acier, l’aluminium et les voitures. Contrairement aux tarifs douaniers américains, les droits de douane canadiens n’incluent pas les pièces détachées des véhicules. « Nous prenons ces mesures à contrecœur, et nous les prenons de manière que cela ait un impact maximum sur les Etats-Unis et minimum ici au Canada », a-t-il aussi dit.
  • Les marchés boursiers européens ont fortement chuté, Paris signant sa pire baisse depuis deux ans, au lendemain de l’offensive commerciale de M. Trump. Paris a cédé 3,31 %, son plus fort recul quotidien depuis la séance du 15 mars 2023. Francfort a perdu 3,01 %, Milan 3,60 %, et Londres 1,55 %.

Les manchots devenus symboles de l’absurdité de la guerre commerciale

Les manchots symbolisent depuis mercredi, pour les opposants à Donald Trump, l’absurdité de la guerre commerciale déclenchée par le président américain. Une image abondamment partagée jeudi sur les réseaux sociaux montre un palmipède installé dans le fauteuil qu’occupait Volodymyr Zelensky lors d’une récente visite dans le bureau Ovale, et se faisant sermonner par M. Trump et le vice-président, J. D. Vance, comme le chef d’Etat ukrainien l’a été.

Les montages humoristiques mettant en scène les oiseaux marins à la livrée blanche et noire abondent, avec pour point commun de critiquer les droits de douane punitifs annoncés mercredi par le locataire de la Maison Blanche. « Les pingouins nous dépouillent depuis des années », a par exemple blagué sur X Anthony Scaramucci, éphémère directeur de la communication de la Maison Blanche pendant le premier mandat Trump, devenu depuis très critique à l’égard du républicain. « Donald Trump met des taxes douanières sur des pingouins, mais par sur Poutine », a commenté, sur le même réseau, le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, faisant référence au fait que la Russie ne figurait pas sur la liste des pays présentée mercredi par le président américain.

Cette heure de gloire numérique, les petits oiseaux vivant dans les climats les plus froids de la planète la doivent surtout à une annonce de l’exécutif américain : celle d’une taxe douanière de 10 % sur tous les produits importés depuis les îles Heard et McDonald. Or ce territoire australien, perdu dans le sud de l’Océan indien, n’est peuplé que d’animaux, et en particulier de manchots. Lesquels pourront se consoler en notant que leurs congénères des îles Malouines, cet archipel britannique accueillant une grande population de ces palmipèdes, est visé par une taxe bien plus lourde de 41 %.

La taxation différenciée des territoires ultramarins est un « cumul d’incohérences, d’absurdité et d’incompétence », juge Manuel Valls

« L’intention initiale de taxer différemment les territoires ultramarins est profondément politique. Elle témoigne surtout du cumul d’incohérences, d’absurdité et d’incompétence », a estimé le ministre des outre-mer, Manuel Valls, auprès de l’Agence France-Presse.

Dans ses annonces de mercredi, Donald Trump a effectivement annoncé imposer aux territoires ultramarins des droits de douane différents de ceux de la France hexagonale. Les surtaxes montent ainsi à 50 % pour Saint-Pierre-et-Miquelon, 37 % pour La Réunion – et ne se portent qu’à 10 % pour la Polynésie française, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française et Mayotte – quand elles sont annoncées à 20 % pour l’ensemble de l’Union européenne.

A la sortie de l’Elysée, le patron de France Industrie souhaite que le pays soit « prêt à utiliser tous les leviers » et à « ne rien s’interdire »

« Pour faire cette négo[ciation] en position de force, il faut qu’on soit prêt à utiliser tous les leviers » et à ne « rien s’interdire », a estimé le président de France Industrie, Alexandre Saubot, à sa sortie de l’Elysée jeudi soir, après l’appel du chef de l’Etat à suspendre les investissements industriels français aux Etats-Unis.

Les mesures américaines seront « nocives » pour l’économie mondiale, a jugé M. Saubot, dont l’organisme représente la trentaine de filières industrielles françaises (automobile, aéronautique, pharmacie, chimie, cosmétiques…). Au total, l’industrie française a exporté pour 47,5 milliards d’euros en 2024, avec l’aéronautique au premier rang des industries concernées.

« Au-delà des mesures américaines, vous allez avoir des mesures de déport de flux, vous allez avoir des Chinois ou des Indiens qui ne peuvent plus importer aux Etats-Unis, qui vont donc détourner leurs produits vers l’Europe. Et donc tout ça peut énormément fragiliser l’industrie européenne », a jugé M. Saubot. « Il faut absolument se battre ensemble pour que les mesures de tarifs américaines vis-à-vis de l’Europe soient annulées », a-t-il ajouté.

Après les annonces de Donald Trump, Giorgia Meloni veut « supprimer » les droits de douane, « pas les multiplier »

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé jeudi soir que, face aux droits de douane imposés par Washington, il fallait avoir pour objectif de les « supprimer, pas [de] les multiplier ».

« Il faut ouvrir une discussion franche sur le fond avec les Américains, avec selon moi l’objectif d’arriver à supprimer les droits de douane, pas de les multiplier », a-t-elle affirmé dans un bref entretien à la chaîne publique Rai 1, en référence à d’éventuelles représailles de l’Union européenne.

Fortement dépendant de ses exportations textiles, le Lesotho annonce envoyer une délégation aux Etats-Unis pour « plaider leur cause »

Le Lesotho a affirmé jeudi qu’il allait envoyer une délégation gouvernementale aux Etats-Unis pour plaider sa cause, après que Donald Trump a imposé au pays des droits de douane de 50 %, les plus élevés annoncés pour une seule nation. Le petit royaume d’Afrique australe, entièrement enclavé dans l’Afrique du Sud, est en tête de la liste des nombreux pays frappés par les droits de douane additionnels massifs présentés mercredi par M. Trump.

« Nous devons nous rendre d’urgence aux Etats-Unis pour dialoguer avec leurs dirigeants et plaider notre cause », a déclaré le ministre du commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, à des journalistes. « Ma plus grande inquiétude était la fermeture immédiate d’usines et les pertes d’emplois », a-t-il ajouté.

Le produit intérieur brut du Lesotho – 2 milliards de dollars annuels – dépend fortement de ses exportations de produits textiles, notamment de jeans. « Il y a onze usines dans le pays, dont la plupart exportent des marchandises aux Etats-Unis et fournissent du travail à 12 000 personnes », a souligné M. Shelile. « Les marchandises actuellement en production seront touchées par ces droits de douane et ne seront pas exportées vers les Etats-Unis », a précisé le ministre, en disant qu’il avait demandé aux usines de continuer à produire pendant que le gouvernement cherchait « des solutions ».

Ces annonces de M. Trump montrent que le Lesotho a besoin de « diversifier » ses partenaires commerciaux, a relevé M. Shelile, qui a dit avoir déjà commencé à étudier d’autres options. « Nous ne pouvons pas compter uniquement sur les Etats-Unis », a poursuivi le ministre, et « même si cette transition prendra du temps, le processus est déjà en cours ».

Donald Trump « ne reculera pas », affirme son secrétaire au commerce

Alors que la riposte aux droits de douane annoncés par Donald Trump se prépare dans de nombreux pays, le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, a affirmé jeudi à CNN que le président américain « ne reculera[it] pas ».

« Les pays peuvent corriger leurs droits de douane » et leurs mesures non tarifaires, qui sont, selon lui, « beaucoup beaucoup plus durs ». Il n’a en revanche pas dit ce que les pays qui acceptaient de les changer recevraient en échange. « L’Amérique doit arrêter d’être exploitée… et après, uniquement après, Donald Trump conclura un accord avec chacun de ces pays », a-t-il déclaré.

Regardez les principales réactions des Européens aux annonces de Donald Trump

Le ministre du commerce extérieur français espère des « ajustements » des tarifs douaniers américains dans les « quinze prochains jours »

« Il y a toujours un chemin de discussion et de négociation » avec les Etats-Unis, a estimé jeudi le ministre du commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, espérant des « ajustements dans les quinze prochains jours » dans les droits de douane massifs imposés par Donald Trump. Face à l’offensive protectionniste menée par Washington, « rien n’est définitif », et les 20 % de taxes supplémentaires infligées aux produits de l’Union européenne, « c’est le postulat de base », a dit M. Saint-Martin à l’Agence France-Presse.

Alors que l’Union européenne prépare sa riposte, M. Saint-Martin déplore que l’on soit « retombé dans la loi du plus fort ». « Est-ce que les démocraties libérales, une certaine vision du multilatéralisme, vont survivre au XXIe siècle », s’interroge-t-il. Il plaide dans ce contexte pour « une diplomatie économique très musclée », fondée sur de nombreux déplacements, car « c’est indispensable dans le moment ». « La France est un pays apprécié dans le monde », fait-il valoir, en soulignant l’image positive dont bénéficie, selon lui, le chef de l’Etat français.

En réponse aux surtaxes américaines, le Canada impose à son tour 25 % de droits de douane sur les véhicules importés des Etats-Unis

Alors que le premier ministre canadien, Mark Carney, avait déjà promis de répliquer aux droits de douane américains – le Canada n’est pas concerné par les droits de douane réciproques annoncés mercredi par Donald Trump, mais fait l’objet de mesures douanières spécifiques sur l’acier, l’aluminium et les voitures –, il a annoncé jeudi, selon CNN et Radio-Canada, la mise en place d’un droit de douane de 25 % sur les véhicules importés des Etats-Unis, qui n’entrent pas dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (ACEUM).

Une surtaxe de 25 % sur les importations de voitures et les pièces détachées canadiennes est entrée en vigueur dans la nuit de mercredi à jeudi. « Nos tarifs douaniers, cependant, à l’inverse de ceux imposés par les Etats-Unis, ne toucheront pas les pièces détachées automobiles, a précisé M. Carney. Car nous connaissons les bienfaits de notre système de production intégré. »

Le premier ministre canadien a assuré continuer de considérer les Etats-Unis comme un allié dans les domaines de la sécurité et de la défense, mais le Canada « doit chercher ailleurs pour étendre son commerce, construire son économie et protéger sa souveraineté ». « Le système de commerce mondial basé sur les Etats-Unis sur lequel le Canada s’est reposé depuis la fin de la seconde guerre mondiale – un système qui, bien qu’imparfait, a aidé à apporter de la prospérité au pays pendant des décennies – est terminé », a ajouté M. Carney.

« Nous prenons ces mesures à contrecœur, et nous les prenons de manière que cela ait un impact maximum sur les Etats-Unis et minimum ici au Canada », a-t-il aussi dit, précisant que ces mesures ne s’appliquaient pas en revanche aux véhicules importés du Mexique.

Un sénateur républicain présente une proposition de loi qui oblige le président à obtenir l’approbation du Congrès à toute nouvelle surtaxe

Le sénateur républicain Chuck Grassley a présenté jeudi une proposition de loi qui imposerait au président américain d’obtenir l’approbation du Congrès pour tout nouveau droit de douane. La proposition de loi, présentée aux côtés de la sénatrice démocrate Maria Cantwell, entend restaurer « l’autorité et la responsabilité du Congrès en matière de droits de douane », selon un communiqué des services de M. Grassley.

Le nonagénaire est sénateur de l’Iowa, un Etat rural dont l’économie dépend de ses exportations agricoles, et est l’un des seuls républicains à avoir exprimé une once d’opposition aux droits de douane annoncés par la Maison Blanche. « Pour appliquer un nouveau droit de douane, le président doit avertir le Congrès de l’imposition (ou l’augmentation) du droit de douane sous quarante-huit heures. La notification au Congrès doit inclure une explication du raisonnement du président pour l’imposition ou l’augmentation du droit de douane et fournir une analyse de l’impact potentiel sur les entreprises et consommateurs américains », prévoit le texte.

« Sous soixante jours, le Congrès doit adopter une résolution conjointe d’approbation », sous peine de voir le droit de douane expirer après ce délai, est-il précisé. Pour M. Grassley, « depuis trop longtemps, le Congrès a délégué son autorité claire de régulation du commerce entre Etats [américains] et avec l’étranger au pouvoir exécutif ». Sa collègue démocrate Mme Cantwell a surenchéri : « Les guerres commerciales peuvent être dévastatrices, c’est pourquoi les Pères fondateurs ont donné au Congrès l’autorité constitutionnelle en matière de guerre et de commerce. »

Peu après le discours de Donald Trump mercredi, une poignée de sénateurs républicains (sans M. Grassley) se sont désolidarisés du président et se sont joints aux démocrates pour adopter une mesure symbolique s’opposant aux droits de douane de 25 % imposés sur les importations canadiennes.

Le chef du gouvernement irlandais est convaincu que son pays et l’Union européenne « traverseront la tempête »

Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a assuré jeudi que son pays et l’Union européenne (UE) « traverseront la tempête » déclenchée par les taxes douanières de Donald Trump, mais il estime que « les négociations sont la voie à privilégier ». « Il ne fait aucun doute que l’imposition de droits de douane par les Etats-Unis aura un impact négatif », a jugé M. Martin lors d’une conférence de presse conjointe à Dublin avec le commissaire européen à la justice, Michael McGrath.

L’Irlande dépend fortement du commerce avec les Etats-Unis et des investissements américains, notamment dans la technologie, et ces nouveaux droits de douane pèseront lourdement sur son économie, bien que son important secteur pharmaceutique ait jusqu’ici été épargné par les annonces. « Nous ne voyons aucune justification » à l’imposition de 20 % de taxes annoncée par Donald Trump sur les produits en provenance de l’UE, a déploré M. Martin. « Il est important que nous nous concentrions sur les facteurs que nous pouvons contrôler, y compris l’amélioration de notre compétitivité et l’investissement dans les infrastructures », a-t-il ajouté.

M. McGrath, ancien ministre des finances de l’Irlande, a pour sa part confirmé que l’UE se préparait à des contre-mesures supplémentaires pour protéger les intérêts irlandais et les entreprises du pays si les discussions échouaient. « Nous voulons que des négociations significatives et substantielles aient lieu rapidement, car l’UE devra répondre au cas où les négociations échoueraient », a-t-il mis en garde.

Selon l’OMC, les surtaxes américaines et les éventuelles représailles pourraient réduire le commerce de marchandises d’environ 1 % en 2025

Les droits de douane imposés depuis le mois de janvier par l’administration Trump pourraient réduire d’« environ 1 % » le commerce de marchandises en volume cette année, a annoncé jeudi la cheffe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dans une rare prise de parole à ce sujet.

« Je suis profondément préoccupée par cette baisse et par le potentiel d’escalade vers une guerre tarifaire avec un cycle de mesures de représailles qui mènerait à de nouvelles baisses des échanges de marchandises », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala, dans un communiqué. Elle appelle les pays à réagir « de manière responsable afin de prévenir la prolifération des tensions commerciales ».

« Bien que la situation évolue rapidement, nos premières estimations suggèrent que ces mesures, associées à celles introduites depuis le début de l’année, pourraient entraîner une contraction globale d’environ 1 % du commerce mondial de marchandises cette année », a estimé Mme Okonjo-Iweala. Cela représente une révision à la baisse de près de quatre points de pourcentage par rapport aux projections précédentes, a-t-elle spécifié.

« L’OMC a été mise en place pour servir précisément dans des moments comme celui-ci – en tant que plateforme de dialogue, pour prévenir l’escalade des conflits commerciaux, et pour soutenir un environnement commercial ouvert et prévisible », souligne-t-elle, ajoutant que de nombreux pays avaient contacté l’organisation à la suite de l’annonce de ces hausses de droits de douane. « J’encourage les membres à utiliser ce forum pour engager des dialogues constructifs et rechercher des solutions coopératives », a-t-elle affirmé.

Les Bourses européennes ferment en nette chute

Les marchés boursiers européens ont fortement chuté jeudi, Paris signant sa pire baisse depuis deux ans, au lendemain de l’offensive commerciale de Donald Trump. Paris a cédé 3,31 %, son plus fort recul quotidien depuis la séance du 15 mars 2023. Francfort a perdu 3,01 %, Milan 3,60 %, et Londres 1,55 %.

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