Votre abonnement n’autorise pas la lecture de cet article
Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.
Le président américain a annoncé un droit de douane plancher de 10 % sur toutes les importations, ainsi que des surtaxes ciblées pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale. Les marchandises de l’Union européenne subiront ainsi 20 % de taxes, celles de la Chine 34 %.
Posez votre question à la rédaction :
Quatre sénateurs républicains se sont désolidarisés de Donald Trump et se sont joints aux démocrates pour adopter, mercredi, une mesure symbolique s’opposant aux droits de douane de 25 % imposés sur les importations canadiennes. Par 51 voix contre 48, le Sénat a ainsi voté pour rejeter l’urgence nationale déclarée à la frontière par le président américain, un argument que le républicain utilise pour justifier l’augmentation des droits de douane à son pays voisin.
Ce désaveu reste purement symbolique, car le texte a besoin d’être approuvé par la Chambre des représentants pour devenir loi. Or Mike Johnson, chef républicain de la Chambre, a déjà annoncé qu’il bloquerait le vote du texte.
« La Chambre ne l’approuvera jamais et moi, votre président, je ne la signerai jamais », a réagi Donald Trump sur son réseau Truth Social, dénonçant un « stratagème » démocrate.
Selon le tableau de la Maison Blanche récapitulant les nouvelles surtaxes douanières américaines, les départements et territoires ultramarins français vont être soumis dans les prochains jours à des niveaux de taxation individuels, différents de celui de 20 % appliqué à l’Union européenne (UE).
Parties intégrantes du territoire douanier de l’UE mais considérées fiscalement comme des territoires tiers, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte verront leurs produits imposés à hauteur de 10 % supplémentaires par les autorités américaines. En revanche, la Réunion, qui bénéficie pourtant du même statut légal, verra ses produits taxés à hauteur de 37 %.
Le gouvernement américain prévoit aussi d’imposer des droits de douane de 50 % sur les produits importés depuis l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon mais de 10 % sur ceux arrivant de la Polynésie française, deux territoires qui ne font pas partie de l’Union européenne aux yeux des douanes.
Bonsoir,
vous êtes nombreux à vous interroger sur ces absences. Certains Etats comme la Russie, la Biélorussie, Cuba ou la Corée du Nord ne figurent pas en effet dans la liste dévoilée par Donald Trump car ils font l’objet de sanctions américaines, ce qui bloque déjà tout commerce significatif, selon la Maison Blanche.
Découvrez les articles les plus lus par nos abonnés
Le 2 avril 2025 « restera à jamais dans les mémoires comme le jour où l’industrie américaine a ressuscité », a estimé Donald Trump, lors de son discours prononcé mercredi dans la roseraie de la Maison Blanche.
Comme à son habitude, le président américain a multiplié les phrases pleines d’emphase. « Pendant des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, alliées comme ennemies », a ainsi critiqué le républicain. « C’est l’un des jours les plus importants, à mon avis, de l’histoire américaine. C’est notre déclaration d’indépendance économique », a-t-il insisté.
« Les Etats-Unis ne peuvent plus poursuivre leur politique de capitulation économique unilatérale », a jugé le président américain. « Nous ne pouvons pas payer les déficits du Canada, du Mexique et de tant d’autres pays, a-t-il ajouté. Nous avions l’habitude de le faire. Nous ne pouvons plus le faire. »
« Les emplois et les usines reviendront en force dans notre pays », a-t-il aussi promis. « Nous allons dynamiser notre base industrielle nationale. Nous ouvrirons les marchés étrangers et nous ferons tomber les barrières commerciales, et en fin de compte, plus de production à l’intérieur du pays signifiera une concurrence plus forte et des prix plus bas pour les consommateurs », a-t-il assuré.
Quant aux mécontents, « si vous voulez que vos droits de douane soient nuls, fabriquez vos produits ici, en Amérique. »
Le gouvernement brésilien du président Luiz Inacio Lula da Silva a dit dans un communiqué « regretter la décision prise aujourd’hui par le gouvernement américain d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % à toutes les exportations brésiliennes vers ce pays ».
« Le gouvernement brésilien évalue toutes les possibilités d’action pour assurer la réciprocité dans le commerce bilatéral, y compris le recours à l’Organisation mondiale du commerce » (OMC), a souligné Brasilia dans son communiqué signé des ministères des affaires étrangères et de l’industrie.
En riposte aux annonces américaines, le parlement brésilien a, lui, adopté, mercredi, une « loi de la réciprocité » qui permet au gouvernement du Brésil l’« adoption de contre-mesures » pour répondre à des « actions, politiques ou pratiques unilatérales d’un pays ou d’un bloc économique qui impactent négativement la compétitivité internationale de biens et produits brésiliens ».
L’exécutif de la première puissance économique d’Amérique latine aura la possibilité de décider de suspendre « des concessions commerciales, des investissements et des obligations liées aux droits de propriété intellectuelle ».
« Réciprocité ne signifie pas nécessairement représailles », a dit, lors des débats, Lindbergh Farias, chef des députés du Parti des travailleurs, la formation du président Lula. C’est « la seule réponse raisonnable aux droits de douane réciproques des Etats-Unis », a-t-il ajouté.
La Bourse de Tokyo a dégringolé de plus de 3 % peu après son ouverture, jeudi, dans la lignée des annonces de Donald Trump sur les nouvelles taxes douanières qui pourraient plomber les économies asiatiques très dépendantes des exportations. L’indice vedette Nikkei plongeait ainsi de 3,17 % à 34 591 points et l’indice élargi Topix de 3,84 % à 2 547 points.
En Corée du Sud, l’indice Kospi reculait de 2,24 % après avoir lâché presque 3 % à l’ouverture.
Soixante-sept pour cent de droits de douane pour les produits américains en Chine, 46 % au Japon, 39 % dans l’Union européenne… le tableau brandi par Donald Trump lors de sa conférence de presse a surpris les experts, en fournissant des chiffres très éloignés des tarifs réels, même s’ils étaient supposés être lestés, comme le président américain l’a annoncé, des barrières non tarifaires ou d’éventuelles manipulations de devises. En prenant l’exemple du Japon, de l’Union européenne, de la Suisse ou encore du Vietnam, Le Monde est parvenu à craquer le code : l’administration Trump a tout simplement divisé le déficit commercial bilatéral américain avec ces pays par le montant des exportations de ces pays aux Etats-Unis.
Ainsi, le déficit commercial (pour les biens, hors services) des Etats-Unis avec l’Union européenne était de 235 milliards de dollars en 2024, et l’Union européenne a exporté 605 milliards de dollars de biens aux Etats-Unis la même année. La Maison Blanche a donc divisé 235 milliards par 605 millards = 39 %. Un calcul qui ne répond à aucune équation économique connue et admise.
Piotr Smolar (Washington, correspondant) et Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)
Bonsoir Loguy,
Le Canada et le Mexique – voisins des Etats-Unis – étant couverts par un accord de libre-échange, sont soumis à un régime particulier. Les produits canadiens et mexicains respectant les termes de l’accord ne sont, à l’heure actuelle, pas visés par de nouvelles taxes. A l’inverse, les autres produits sont soumis à jusqu’à 25 % de droits de douane.
« Le commerce mondialisé a profité à tous. (…) Je ne comprends pas que les Etats-Unis veuillent déclencher une guerre commerciale contre l’Europe. Personne n’est gagnant, tout le monde est perdant », a déclaré Lars Lokke Rasmussen, ministre des affaires étrangères danois, assurant que « l’Europe restera unie ».
« L’Europe donnera des réponses solides et proportionnées », a-t-il ajouté.
« Nous allons combattre ces droits de douane avec des contre-mesures », a déclaré le premier ministre canadien, Mark Carney, jugeant que les droits de douane américains sur l’acier, l’aluminium et les voitures allaient « directement affecter des millions de Canadiens » et « fondamentalement changer » le commerce international.
Le Parlement brésilien a adopté, mercredi, une loi qui donne au gouvernement des moyens pour répliquer à des barrières commerciales à ses exportations, peu après l’annonce de droits de douane de 10 % imposés au Brésil par Donald Trump.
Nommée « loi de la réciprocité », la loi brésilienne a été votée à l’unanimité par les partis présents à la chambre des députés, au lendemain d’un vote favorable au Sénat.
« Détendez-vous, encaissez le coup, et attendez de voir comment la situation évolue. Car si vous ripostez, il y aura une escalade », a déclaré le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, après l’annonce des droits de douane réciproques par l’administration Trump.
Il est difficile de savoir d’où sortent les chiffres des taxes aux importations fournis par Donald Trump lors de son intervention.
Selon German Marshall Fund, ils sont en moyenne de 2,5 % pour les Etats-Unis, 2,7 % pour l’Union Européenne, 3,1 % pour la Chine et 11,5 % pour l’Inde, donc beaucoup plus bas que ceux donnés par le président américain.
Le Mexique et le Canada sont finalement épargnés par Donald Trump, qui a sans doute pris conscience des répercussions importantes que cela aurait sur l’économie américaine (40 % des importations américaines proviennent de ces deux pays), notamment dans l’industrie automobile.
La Chine est le pays le plus impacté. Non seulement les droits de douane imposés par Donald Trump s’élèvent à 34 %, mais tous les petits colis (vendus par les sites de commerce électronique en Chine) y seront soumis. Ils seront désormais taxés à 30 % du montant déclaré, ou 25 dollars (23 euros environ) au minimum, selon le texte du décret publié mercredi.
Les échanges commerciaux entre les deux plus grandes puissances économiques de la planète risquent de s’effondrer.
Julien Bouissou
« Toute action doit être proportionnée et viser à défendre les intérêts de nos entreprises, de nos travailleurs et de nos citoyens », a déclaré, dans un communiqué, le premier ministre irlandais Micheal Martin, qui a dit « profondément regretter » les droits de douane de 20 % imposés à l’Union européenne par les Etats-Unis.
L’Irlande, qui accueille les sièges européens des grands groupes américains de la tech ou du secteur pharmaceutique, enregistre l’excédent le plus large des membres de l’Union européenne avec les Etats-Unis.
« L’introduction par les Etats-Unis de droits de douane à l’égard de l’UE est une mesure que je considère comme mauvaise et qui ne convient à aucune des deux parties », a réagi la première ministre italienne, Giorgia Meloni.
« Nous ferons tout notre possible pour parvenir à un accord avec les Etats-Unis, afin d’éviter une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l’Occident au profit d’autres acteurs mondiaux », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
« Ces droits de douane ne sont pas inattendus, mais soyons clairs : ils sont totalement injustifiés », a réagi le premier ministre australien, Anthony Albanese, après l’annonce par Washington de droits de douane de 10 % concernant les importations de produits australiens aux Etats-Unis.
« Cela aura des conséquences sur la perception que les Australiens ont de cette relation » avec les Etats-Unis, a-t-il ajouté.
Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois
Ce message s’affichera sur l’autre appareil.
Découvrir les offres multicomptesParce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.
Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).
Comment ne plus voir ce message ?
En cliquant sur « » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.
Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?
Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.
Y a-t-il d’autres limites ?
Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.
Vous ignorez qui est l’autre personne ?
Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.
Lecture restreinte
Votre abonnement n’autorise pas la lecture de cet article
Pour plus d’informations, merci de contacter notre service commercial.