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Droits de douane américains : les dirigeants mondiaux déroutés par la charge de Donald Trump

La plupart des pays visés par les surtaxes américaines ont dénoncé des mesures qui risquent de bouleverser le commerce mondial. L’Union européenne évoque un « coup majeur » et Pékin exhorte Washington à revenir « immédiatement » sur sa décision.

La plupart des pays visés par les surtaxes américaines ont dénoncé des mesures qui risquent de bouleverser le commerce mondial. L’Union européenne évoque un « coup majeur » et Pékin exhorte Washington à revenir « immédiatement » sur sa décision.

Personne ne parlera d’effet de surprise tant Donald Trump avait préparé le terrain depuis plusieurs semaines. Mais les droits de douane supplémentaires annoncés par le président américain, mercredi 2 avril, dans les jardins de la Maison Blanche, ont dérouté une grande partie des partenaires commerciaux de Washington.

« Ces droits de douane ne sont pas inattendus, mais soyons clairs : ils sont totalement injustifiés », a ainsi résumé le premier ministre australien, Anthony Albanese, pour qui la relation qu’entretient son pays avec les Etats-Unis risque d’être altérée par l’annonce d’une taxation supplémentaire de 10 %.

L’addition a aussi du mal à passer en Asie où les exportations vers les Etats-Unis constituent un enjeu économique majeur. La Chine a dénoncé des mesures qui « ne respectent pas les règles commerciales internationales » et « mettent en péril le développement économique mondial », selon un communiqué du ministère du commerce, qui exhorte Washington à « annuler immédiatement les droits de douane unilatéraux ». Les majorations sont astronomiques pour Pékin, dont les produits – sauf les voitures et les métaux qui font déjà face à une taxation de 45 % – feront l’objet d’une nouvelle taxe à l’importation de 34 % s’ajoutant aux 20 % de droits de douane additionnels déjà mis en place par l’administration Trump.

Le Japon, visé par une taxe de 24 % sur ses produits, a, de son côté, jugé ses mesures « extrêmement regrettables » et a « vivement exhorté Washington à ne pas les appliquer », selon le ministre du commerce et de l’industrie, Yoji Muto.

« Tout le monde est perdant »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a préféré attendre jeudi matin avant de livrer ses premières impressions. Les droits de douane américains sont un « coup majeur » porté à l’économie mondiale, a-t-elle jugé. Regrettant « profondément » cette décision, elle a affirmé que les Européens étaient « prêts à réagir » et travaillaient déjà à « un nouveau paquet de contre-mesures » au cas où les négociations avec l’administration américaine, ardemment souhaitées par l’Union européenne (UE), devaient échouer.

Peu après elle, l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron allait réunir, jeudi à 16 heures, « les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis ».

« Le commerce mondialisé a profité à tous (…) Je ne comprends pas que les Etats-Unis veuillent déclencher une guerre commerciale contre l’Europe. Personne n’est gagnant, tout le monde est perdant », a jugé Lars Lokke Rasmussen, ministre des affaires étrangères du Danemak, alors que l’UE se voit taxée à 20 %.

« Toute action doit être proportionnée et viser à défendre les intérêts de nos entreprises, de nos travailleurs et de nos citoyens », a déclaré, pour sa part, le premier ministre irlandais, Micheal Martin, dont le pays accueille les sièges européens des grands groupes américains et enregistre l’excédent le plus large des pays de l’UE avec les Etats-Unis.

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La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a dit vouloir « parvenir à un accord avec les Etats-Unis, afin d’éviter une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l’Occident au profit d’autres acteurs mondiaux ».

Londres espère conclure un accord

Le Royaume-Uni n’entend pas mener de riposte commerciale immédiate, a réagi le ministre du commerce britannique, Jonathan Reynolds, qui garde l’intention de conclure un traité commercial bilatéral avec Washington. « Les Etats-Unis étant notre allié le plus proche, notre approche consiste à rester calme et à nous engager à conclure cet accord qui, nous l’espérons, atténuera l’impact de ce qui a été annoncé aujourd’hui », a-t-il dit. Londres a été relativement épargné, avec des droits de douane de 10 %, le niveau le plus faible annoncé.

En Suisse, « les intérêts économiques à long terme du pays constituent la priorité », a insisté la présidente, Karin Keller-Sutter, dont le pays est frappé de droits de 31 %. « Le respect du droit international et le libre-échange sont fondamentaux », a-t-elle ajouté.

Au Brésil, où le président Lula a dit « regretter la décision (…) d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % à toutes les exportations brésiliennes » vers les Etats-Unis, le Parlement a adopté à l’unanimité une « loi de la réciprocité » donnant au gouvernement des moyens pour répliquer aux barrières commerciales à ses exportations.

A Taïwan, Michelle Lee, une porte-parole de l’exécutif de l’archipel, a affirmé que la décision américaine était « totalement déraisonnable » et que Taipei allait « engager de sérieuses négociations » avec Washington.

« Nous allons combattre ces droits de douane avec des contre-mesures », a annoncé, de son côté, le premier ministre canadien, Mark Carney, selon qui les annonces américaines vont « fondamentalement changer » le commerce international. Le Canada, tout comme le Mexique, a été épargné, mercredi, par la dernière vague de droits de douane, et relève d’un autre régime en tant que signataire d’un accord de libre-échange avec Washington.

Le Monde avec AFP

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