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Le président américain a annoncé un droit de douane plancher de 10 % sur toutes les importations, ainsi que des surtaxes ciblées pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale. Les marchandises de l’Union européenne subiront ainsi 20 % de taxes, celles de la Chine, 34 %.
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Les places financières d’Asie ont subi jeudi un choc brutal après l’annonce de nouvelles mesures protectionnistes par Donald Trump. Les Bourses ont reculé, le dollar et le pétrole ont chuté, tandis que l’or atteignait un niveau record.
Cette offensive commerciale américaine inquiète particulièrement les économies de la région, fortement tributaires de leurs exportations et désormais menacées par ce tournant protectionniste.
La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint un recul d’environ 800 millions d’euros d’exportations pour les entreprises de l’Hexagone avec les droits de douane de 20 % imposés aux marchandises de l’Union européenn (UE) par l’administration Trump, selon un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi.
La FEVS juge tout de même que la décision américaine « entraînera des conséquences extrêmement lourdes sur le secteur des vins et spiritueux français et européens », et « aura également un impact extrêmement négatif sur les importateurs, grossistes et détaillants américains ».
En France, « on peut craindre un recul des exportations d’environ 800 millions d’euros, ce chiffre passant à 1,6 milliard pour l’UE-27. Un tel recul aura un impact énorme sur l’emploi et l’économie du secteur », déplore la FEVS. Elle souligne « l’importance de conserver un dialogue bilatéral ouvert et constructif autour d’un agenda positif sur les sujets de commerce transatlantique », « favorisant l’accès équitable et réciproque aux vins et spiritueux par l’élimination des droits de douane des deux côtés de l’Atlantique ».
De son côté, la Confédération nationale des appellations d’origine contrôlées (CNAOC) estime à « plusieurs centaines millions d’euros pour la filière » l’impact des nouvelles taxes douanières américaines, rappelant que le marché américain représente près de 25 % des produits viticoles exportés sous indications géographiques (AOC et IGP).
Pour les eaux-de-vie (Cognac et Armagnac), « c’est une catastrophe d’une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grande difficulté notre filière, avec un risque de cessations d’activité en chaîne, en Charentes notamment », insiste Anthony Brun, vice-président de la CNAOC et président de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac, cité dans le communiqué.
« La France répond avec l’Europe », a déclaré Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement sur RTL, jeudi. « Nous allons continuer d’essayer de négocier avec les Etats-Unis car nous ne sommes pas à l’origine de cette attaque commerciale. » Selon elle, il y a discussion puis riposte, Donald Trump ne comprenant que les rapports de force.
« Une première riposte sera efficiente à la mi-avril, qui va correspondre à sa première attaque sur l’aluminium et l’acier, et un deuxième jeu de riposte sera prêt à la fin du mois d’avril, sur l’ensemble des produits et services, avec de nouveaux outils, a-t-elle expliqué. Le mécanisme et les produits qui seront considérés ne sont pas encore décidés, c’est une discussion entre membres des pays de l’Union européenne. (…) Mais les services numériques qui ne sont pas taxés pourraient l’être. »
Donald Trump a dévoilé mercredi de nouveaux droits de douane, dits « réciproques », d’au moins 10 % sur toutes les importations aux Etats-Unis, au risque de provoquer une hausse des prix et d’engager une guerre commerciale mondiale. Le New York Times et le Guardian, qui se sont interrogés sur les calculs de la Maison Blanche pour imposer ces nouveaux droits de douane, citent le journaliste financier James Surowiecki.
Il prétend avoir découvert la réponse, qu’il a publiée sur X. « Ils n’ont pas réellement calculé les taux de droits de douane plus les barrières non tarifaires, comme ils disent l’avoir fait. Au lieu de cela, pour chaque pays, ils ont simplement pris notre déficit commercial avec ce pays et l’ont divisé par les exportations de ce pays vers nous », résume-t-il. Plus loin, il explique : « [L’administration] a divisé notre déficit commercial avec un pays par nos importations en provenance de ce pays, puis multiplié par 0,5 », parce que Donald Trump se montre « indulgent ».
Le secrétaire de presse adjoint de la Maison Blanche a répondu que la formule de James Surowiecki était fausse. La Maison Blanche a, par la suite, précisé sa méthodologie dans une publication sur le site du bureau du représentant américain au commerce : bien qu’elle utilise des symboles mathématiques difficiles à comprendre pour le profane, elle confirme que sa formule repose essentiellement sur le déficit commercial des Etats-Unis avec un pays étranger, divisé par les exportations de ce pays.
Emmanuel Macron va réunir à l’Elysée, jeudi à 16 heures, « les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis », a fait savoir tôt ce matin la présidence de la République.
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Taïwan a qualifié jeudi de « totalement déraisonnable » la décision du président américain, Donald Trump, d’imposer de nouveaux lourds droits de douane au niveau mondial, disant vouloir mener de « sérieuses négociations » avec Washington.
Les produits taïwanais importés aux Etats-Unis seront désormais taxés à 32 %. Taipei considère que cette décision est « totalement déraisonnable (…) et va engager de sérieuses négociations » avec Washington, a rapporté Michelle Lee, une porte-parole de l’exécutif de l’archipel.
Les voitures importées aux Etats-Unis se voient, depuis jeudi matin, imposer 25 % de droits de douane supplémentaires, selon la décision du président Trump. Un coup dur pour l’industrie mondiale, alors que des droits de douane de même ampleur sur les pièces détachées doivent aussi progressivement entrer en vigueur.
Les droits de douane américains sont un « coup majeur » porté à l’économie mondiale, a estimé, jeudi matin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, alors que l’Union européenne est visée par une surtaxe de 20 %.
Regrettant « profondément » cette décision, elle a affirmé que les Européens étaient « prêts à réagir » et travaillaient déjà à « un nouveau paquet de contre-mesures » au cas où les négociations avec l’administration américaine, ardemment souhaitées par l’Union européenne, devaient échouer.
« J’ai fait savoir que les mesures tarifaires unilatérales prises par les Etats-Unis étaient extrêmement regrettables et j’ai de nouveau vivement exhorté Washington à ne pas les appliquer au Japon », a déclaré le ministre du commerce et de l’industrie japonais, Yoji Muto, ajoutant s’être entretenu avec son homologue américain, le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, avant les annonces du président Trump.
Pour Tokyo, visé par une taxe de 24 %, l’offensive douanière américaine pourrait contrevenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et aux accords bilatéraux.
La Maison Blanche a fait savoir, mercredi dans la soirée, que certaines catégories n’étaient pas concernées par la vague de surtaxation douanière : lingots d’or, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs, cuivre, bois de construction, produits énergétiques, ou encore minéraux introuvables sur le sol américain.
L’acier, l’aluminium et les voitures non plus, mais ils sont visés par d’autres surtaxes.
La Chine a déclaré, jeudi, « s’opposer fermement » aux nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, particulièrement lourds pour ses produits, en promettant de riposter.
Les droits de douane américains « ne respectent pas les règles commerciales internationales et portent gravement atteinte aux droits et intérêts des parties concernées », a dénoncé le ministère du commerce chinois dans un communiqué.
« La Chine exhorte les Etats-Unis à annuler immédiatement les droits de douane unilatéraux et à résoudre de manière appropriée les différends avec ses partenaires commerciaux par le biais d’un dialogue équitable », déclare le ministère, estimant que les mesures américaines « mettent en péril le développement économique mondial ».
La Thaïlande a un « plan solide » pour répondre aux très lourds droits de douane de 36 % annoncés par Donald Trump contre ses exportations vers les Etats-Unis, et espère pouvoir négocier une réduction de ces taxes, a affirmé jeudi à la télévision la première ministre, Paetongtarn Shinawatra.
Quatre sénateurs républicains se sont désolidarisés de Donald Trump et se sont joints aux démocrates pour adopter, mercredi, une mesure symbolique s’opposant aux droits de douane de 25 % imposés sur les importations canadiennes. Par 51 voix contre 48, le Sénat a ainsi voté pour rejeter l’urgence nationale déclarée à la frontière par le président américain, un argument que le républicain utilise pour justifier l’augmentation des droits de douane de son pays voisin.
Ce désaveu reste purement symbolique, car le texte a besoin d’être approuvé par la Chambre des représentants pour devenir loi. Or Mike Johnson, chef républicain de la Chambre, a déjà annoncé qu’il bloquerait le vote du texte.
« La Chambre ne l’approuvera jamais, et moi, votre président, je ne la signerai jamais », a réagi Donald Trump sur son réseau, Truth Social, dénonçant un « stratagème » démocrate.
Selon le tableau de la Maison Blanche récapitulant les nouvelles surtaxes douanières américaines, les départements et territoires ultramarins français vont être soumis au cours des prochains jours à des niveaux de taxation individuels, différents de celui de 20 % appliqué à l’Union européenne (UE).
Parties intégrantes du territoire douanier de l’UE mais considérées fiscalement comme des territoires tiers, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte verront leurs produits imposés à hauteur de 10 % supplémentaires par les autorités américaines. En revanche, la Réunion, qui bénéficie pourtant du même statut légal, verra ses produits taxés à hauteur de 37 %.
Le gouvernement américain prévoit aussi d’imposer des droits de douane de 50 % sur les produits importés de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, mais de 10 % sur ceux qui arrivent de la Polynésie française, deux territoires qui ne font pas partie de l’Union européenne aux yeux des douanes.
Bonsoir,
vous êtes nombreux à vous interroger sur ces absences. Certains Etats, comme la Russie, la Biélorussie, Cuba ou la Corée du Nord ne figurent pas, en effet, dans la liste dévoilée par Donald Trump, car ils font l’objet de sanctions américaines, ce qui bloque déjà tout commerce significatif, selon la Maison Blanche.
Le 2 avril 2025 « restera à jamais dans les mémoires comme le jour où l’industrie américaine a ressuscité », a estimé Donald Trump, lors de son discours prononcé mercredi dans la Roseraie de la Maison Blanche.
Comme à son habitude, le président américain a multiplié les phrases emphatiques. « Pendant des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, alliées comme ennemies », a ainsi critiqué le républicain. « C’est l’un des jours les plus importants, à mon avis, de l’histoire américaine. C’est notre déclaration d’indépendance économique », a-t-il insisté.
« Les Etats-Unis ne peuvent plus poursuivre leur politique de capitulation économique unilatérale », a jugé le président américain. « Nous ne pouvons pas payer les déficits du Canada, du Mexique et de tant d’autres pays, a-t-il ajouté. Nous avions l’habitude de le faire. Nous ne pouvons plus le faire. »
« Les emplois et les usines reviendront en force dans notre pays », a-t-il aussi promis. « Nous allons dynamiser notre base industrielle nationale. Nous ouvrirons les marchés étrangers et nous ferons tomber les barrières commerciales, et, en fin de compte, plus de production à l’intérieur du pays signifiera une concurrence plus forte et des prix plus bas pour les consommateurs », a-t-il assuré.
Quant aux mécontents, « si vous voulez que vos droits de douane soient nuls, fabriquez vos produits ici, en Amérique », a encore dit Donald Trump.
Le gouvernement brésilien du président Luiz Inacio Lula da Silva a dit dans un communiqué « regretter la décision prise aujourd’hui par le gouvernement américain d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % à toutes les exportations brésiliennes vers ce pays ».
« Le gouvernement brésilien évalue toutes les possibilités d’action pour assurer la réciprocité dans le commerce bilatéral, y compris le recours à l’Organisation mondiale du commerce » (OMC), a insisté Brasilia dans son communiqué signé des ministères des affaires étrangères et de l’industrie.
En riposte aux annonces américaines, le Parlement brésilien a, lui, adopté, mercredi, une « loi de la réciprocité », qui permet au gouvernement du Brésil l’« adoption de contre-mesures » pour répondre à des « actions, politiques ou pratiques unilatérales d’un pays ou d’un bloc économique qui ont un impact négatif sur la compétitivité internationale de biens et produits brésiliens ».
L’exécutif de la première puissance économique d’Amérique latine aura la possibilité de décider de suspendre « des concessions commerciales, des investissements et des obligations liées aux droits de propriété intellectuelle ».
« Réciprocité ne signifie pas nécessairement représailles », a dit, lors des débats, Lindbergh Farias, chef des députés du Parti des travailleurs, la formation du président Lula. C’est « la seule réponse raisonnable aux droits de douane réciproques des Etats-Unis », a-t-il ajouté.
La Bourse de Tokyo a dégringolé de plus de 3 % peu après son ouverture, jeudi, dans la lignée des annonces de Donald Trump sur les nouvelles taxes douanières qui pourraient plomber les économies asiatiques, très dépendantes des exportations. L’indice vedette Nikkei plongeait ainsi de 3,17 %, à 34 591 points, et l’indice élargi Topix de 3,84 %, à 2 547 points.
En Corée du Sud, l’indice Kospi reculait de 2,24 % après avoir lâché presque 3 % à l’ouverture.
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